Robert Nesta Marley

Robert Nesta Marley
Marley, Robert Nesta dit "Bob" (1945-1981), compositeur, interprète et guitariste jamaïcain, figure majeure du reggae

Né à Rhoden Hall, Saint Ann (Jamaïque), Robert Nesta Marley, dit « Bob » Marley, est apprenti chaudronnier à Kingston lorsqu'il décide de s'initier à la guitare. Avec le guitariste Peter Tosh (de son vrai nom Winston Hubert McIntosh) et le chanteur Bunny Wailer (Neville O'Riley Livingstone), il forme son premier groupe, les Wailin'Rudeboys, en 1961. Influencé par des formations vocales comme les Drifters et les Impressions, le groupe, renommé les Wailers, enregistre, entre 1964 et 1966, une série de succès sous la houlette du producteur jamaïcain Coxsone Dodd : « I'm still Waiting », « Simmer Down », « Let Him Go (Rude Boy Get Gail) ».
# Posté le samedi 08 janvier 2005 10:42
Modifié le samedi 08 janvier 2005 11:34

BOB MARLEY et la naissance du REGGAE

BOB MARLEY et la naissance du REGGAE
En 1967, Bob Marley se convertit au rastafarisme : ce mouvement radical afrocentriste, qui considère l'empereur d'Éthiopie Hailé Sélassié comme le descendant direct du roi Salomon, sorte de « Messie noir », et associe l'Occident à la Babylone biblique, marque profondément ses textes. À la fin des années soixante, la collaboration des Wailers avec le producteur jamaïcain Lee « Scratch » Perry et son groupe The Upsetters, s'avère cruciale. S'affranchissant de la rigidité du ska, synthèse de boogie-woogie, d'improvisations jazz, de rhythm and blues et de mélodies blues, le tout interprété sur un tempo rapide, et du rock steady, plus lent que le ska et privilégiant des parties vocales inspirées de la musique soul, Perry et les Wailers forgent le son caractéristique du reggae jamaïcain naissant, style musical hybride où se mêlent calypso, rock, soul américaine et musique folk locale.
Repérés en 1971 par le producteur anglais Chris Blackwell, les Wailers, rejoints par Aston « Family Man » Barrett (basse) et son frère Carlton « Carly » Barrett (batterie), tous deux transfuges des Upsetters, enregistrent une série d'albums pour le label Island qui les fait connaître en Europe : Catch A Fire (1972) et sa célèbre pochette en forme de briquet reçoivent un accueil enthousiaste, tandis que Burnin' (1973), notamment porté par les titres « Get up, Stand up » et « I Shot the Sheriff, reprise par Eric Clapton, la chanson se classe numéro un aux États-Unis, propulse le groupe sur le devant de la scène. Bunny Wailer puis Peter Tosh décident toutefois de quitter les Wailers pour poursuivre des carrières solos. Il faut attendre les parutions successives de Natty Dread (1974), qui bénéficie de l'énorme succès du single « No Woman No Cry », et de Rastaman Vibration (1976) pour que le groupe acquière véritablement une réputation internationale.
# Posté le samedi 08 janvier 2005 10:45
Modifié le samedi 08 janvier 2005 11:33

Le role déterminant de BOB MARLEY sur la scene politique Jamaïcaine

Le role déterminant de BOB MARLEY sur la scene politique Jamaïcaine
Jouissant d'une popularité exceptionnelle, Bob Marley s'impose bientôt comme le porte-parole charismatique des opprimés et des exilés. Dans une Jamaïque déchirée par de violents affrontements entre partisans du socialiste Michael Manley et de son adversaire Edward Seaga, le chanteur, qui revêt aux yeux de la population locale des allures de guide spirituel, soutient ainsi ouvertement le People's National Party de Manley. Le 3 décembre 1976, à Kingston, il fait l'objet chez lui d'une tentative d'assassinat probablement commanditée par Seaga. Moins de deux ans plus tard, en avril 1978, au National Stadium de Kingston, Marley impose la trêve aux deux leaders rivaux Manley et Seaga.
Après Exodus (1977), Bob Marley s'attelle à une énorme tournée mondiale qui donne lieu à un album live, enregistré à Paris (Babylon By Bus, 1978). En juin 1980 sort Uprising (« Soulèvement »), précédé du single « Could You Be Loved ? ». Au faîte de son succès, vénéré par des millions de fans, le chanteur meurt à Miami des suites d'un cancer le 11 mai 1981. Les ventes massives des nombreux albums posthumes et autres compilations régulièrement soumis au public depuis la mort du chanteur jamaïcain attestent la pérennité d'un mythe sans précédent dans la musique populaire.
# Posté le samedi 08 janvier 2005 10:52
Modifié le samedi 08 janvier 2005 11:20

Natty Dread (Bob Marley & the Wailers)

Natty Dread (Bob Marley & the Wailers)
album de reggae du groupe jamaïcain Bob Marley & the Wailers paru sous le label Island en 1974.

Troisième album publié par le label de Chris Blackwell, Natty Dread ouvre à Bob Marley les portes du succès international grâce à l'un de ses plus beaux titres, No Woman No Cry, tendre évocation d'une séparation amoureuse. C'est aussi son premier véritable album solo, puisque Peter Tosh et Bunny Livingstone (respectivement guitariste et percussioniste) ont quitté les Wailers en 1973. Demeure néanmoins la section rythmique des Wailers, formée par les frères Barrett le bassiste Aston et le batteur Carlton ' qui participent également à l'écriture de certaines compositions, Them Belly Full (But We Hungry) notamment. L'orchestre est complété par un trio féminin vocal, baptisé The I-Threes, qui comprend Rita Marley, la femme de Bob.
Bob Marley écrit, chante et produit de bout en bout ce brûlot social et politique qui témoigne d'une période troublée de la Jamaïque. Adepte de la philosophie rasta
il dispense un message à mi-chemin de la chronique sociale et du cantique populaire, tout en empruntant également à la Bible nombre de ses images. Les arrangements dépouillés et la clarté du propos mettent en valeur la charge émotionnelle et dénonciatrice des neuf chansons. Le chanteur y dénonce l'oppression policière (Rebel Music), la faim et la colère (« un homme qui a faim est un homme en colère » affirme-t-il dans Them Belly Full (But We Hungry)). L'album devait s'intituler Knotty Dread (soit « tête de noeuds », une attaque visant un homme politique jamaïcain), mais il a finalement été rebaptisé Natty Dread (« tête à nattes », celles qu'arbore le rasta) par une maison de disques soucieuse de ses intérêts.
# Posté le samedi 08 janvier 2005 10:55
Modifié le samedi 08 janvier 2005 11:27

La naissance du reggae

Vers la fin des années soixante, le reggae trouve sa forme définitive, découlant en droite ligne du ska et du rock steady. Plus lent encore que ce dernier, mais gagnant en souplesse et en vigueur, le reggae adopte un rythme saccadé (grâce à une batterie syncopée), accorde une place de choix à la basse, joue avec les silences et met l'accent, via la cymbale, sur le quatrième temps de la mesure. Le tout définit une pulsion rythmique difficilement définissable, mais immédiatement reconnaissable.

Le terme « reggae » est utilisé pour la première fois dans les chansons « Do the reggae », écrite en 1968 par Toots, leader du groupe The Maytals, et « Regay » de Tommy McCook. Selon Toots, le terme viendrait de l'anglais regular people (« gens du peuple ») ou de raggedy (« déguenillé »). Une autre étymologie fait dériver le mot de l'argot jamaïcain steggae (« femme facile »).
# Posté le samedi 08 janvier 2005 10:58
Modifié le samedi 08 janvier 2005 11:25